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Qu’est-ce que… les taxes carbones ?

passeur-eco-par-olivier-simard-casanova-l-economiste-qui-repond-a-vos-questions-quest-ce-que-les-taxes-carbone-site-webÀ moins d’habiter dans une grotte, je pense qu’on a tous été sensibilisé au fait que la planète se réchauffe progressivement – et que la cause de ce réchauffement est à chercher du côté des émissions d’origine humaine de gaz à effet de serre. Alors on nous enjoint de prendre notre vélo, de ne pas abuser de nos voitures ou de nous équiper de panneaux solaires. Et si la solution était plutôt de taper dans nos portefeuilles – par exemple avec une taxe carbone ?

(suite…)

Les jeux vidéo comme laboratoires d’économie géants ?

Et si les jeux vidéo pouvaient permettre à la science économique d’avancer ? Question un peu étrange, mais la réponse qu’Arnaud de Stupid Economics et moi avons à vous proposer dans cette nouvelle vidéo pourrait vous surprendre…

Il existe, IRL, un nombre considérable de genres de jeux vidéo. Les jeux de stratégie, les jeux de gestion, les jeux de tirs où l’on voit son personnage, ceux où l’on voit le monde à travers ses yeux, etc. Un genre bien particulier de jeux vidéo va nous intéresser aujourd’hui : les jeux de rôle. Dans ces jeux, le joueur incarne un personnage et doit le faire évoluer dans un univers plus ou moins grand et fouillé, en lui faisant combattre des monstres, en apprenant et développant des compétences pour, par exemple, fabriquer lui-même de nouvelles armes, etc.

Normalement, à ce stade et si vous connaissez déjà un peu Passeur d’Éco, vous pourriez me voir venir : dans ce genre de jeux, le joueur doit faire un nombre considérables de choix pour décider de la trajectoire de développement de son personnage. Et ça, pour l’économiste, c’est une excellente chose !

C’est même une chose encore plus excellente lorsque l’on s’intéresse aux jeux de rôle dits “massivement multijoueurs” : dans ces jeux, des milliers de joueurs réels jouent dans le même univers virtuel, qu’ils partagent. Et les activités sociales, dans ces jeux, sont légion puisque les joueurs peuvent tuer des monstres ensemble, s’allier en guildes, communiquer en temps réel, etc. Et sans surprise, des activités économiques sont possibles, la première d’entre elle étant le commerce – et qui dit commerce, dit monnaie.

Du point de vue du chercheur en économie, on voit que ça se précise un peu : des milliers d’humains qui interagissent dans un monde virtuel totalement contrôlé par l’éditeur du jeu, et dans lequel ils doivent prendre de vraies décisions, pour certaines d’entre elles de nature économique. Je ne sais pas vous, mais moi j’ai bien envie d’appeler ça “expérience de laboratoire géante” ! Et c’est une expérience d’autant plus intéressante que dans la mesure où toutes les transactions, tous les échanges sont informatisés, il est possible d’observer avec une précision littéralement impossible dans le monde réel ce qui se passe dans ces économies virtuelles.

Si j’ai bien fait mon boulot, vous devriez normalement vous dire que bon, peut-être, c’est finalement peut-être pas si bête cette idée que les jeux vidéo puissent faire avancer la science économique… Il est donc maintenant temps que je vous laisse entre les mains (virtuelles) de mon compère Arnaud, pour ce nouvel épisode de Passeur d’Éco & Stupid Economics. Bon visionnage !

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=Z8KRbPQ8LeA?list=PLNcDjIZ2v5sf2G2uHLXkdzeRwTwcQy_Lu]

Des singes tout mignons pour comprendre notre irrationalité ?

Comme je l’expliquai dans le Chapitre 4 de “Please, Help!”, la science économique s’intéresse en priorité à nos décisions rationnelles. Toutefois, nous ne sommes pas des êtres purement rationnels, car à côté de notre capacité à faire des calculs coûts/bénéfices nous avons aussi de (lourdes) tendances à nous comporter de manière un peu étrange.

Un exemple de cette étrangeté est la très connue aversion à la perte, mise en évidence par Kahnenam et Tversky dans les années 70 (et qui a valu un Prix Nobel à Kahneman en 2002 – Tversky étant malheureusement décédé en 1996). Cette aversion illustre le fait que nous ne nous comportons pas de la même manière face aux gains et face aux pertes – et ce même lorsque le résultat final est le même ! Nous apprécierons généralement davantage de gagner 100€ puis 50€ plutôt que de gagner 200€ et perdre 50€ – alors que le résultat final (150€) est le même ! Cette aversion a été très largement étudiée en laboratoire et est désormais bien connue par les économistes et les psychologues.

Au-delà de la question de l’étendue et des formes de notre irrationalité, une autre question intéressante est celle de ses origines : est-elle due à des raisons biologiques, liées à notre évolution en tant qu’espèce, ou est-elle due au fait que nos sociétés sont tellement complexes qu’on a du mal à s’y retrouver ?

Des expériences ont été faites pour essayer d’y voir (un peu) plus clair, notamment avec des singes à qui on a appris à utiliser de la monnaie. Mais plutôt que de vous en parler, je vous propose la vidéo qui suit, publiée le 25 février sur YouTube par Stupid Economics.

Pourquoi est-ce que je mets cette vidéo en avant ? Pour une raison simple : j’ai participé à son élaboration ! Bien que l’écrit soit mon mode d’expression “naturel”, Passeur d’Éco n’a pas vocation à rester cantonné à ce dernier. Je n’ai pas réalisé cette vidéo (et ça n’est pas moi que vous voyez dessus), j’ai toutefois participé à la rédaction du script et apporté un certain nombre d’éléments scientifiques (comme la référence à l’impressionnant papier de Xavier Gabaix). Il est prévu une collaboration régulière entre Passeur d’Éco et Stupid Economics, et j’espère que vous apprécierez notre travail commun 🙂

Bon visionnage à vous, et n’hésitez pas à vous abonner à la chaîne de Stupid Economics ou à suivre la playlist sur YouTube.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=fF7ytjZtRis?list=PLNcDjIZ2v5sf2G2uHLXkdzeRwTwcQy_Lu]

Chapitre 5 – La Valeur

chapitre-5-la-valeur-passeur-eco

Comment se forment les prix ? Ceux-ci étant la donnée économique la plus courante et la plus facilement observable, chercher à comprendre leur formation est une question assez naturelle lorsque l’on étudie l’économie.

Pour répondre à cette question, il est toutefois nécessaire de d’abord se demander de ce qui donne leur valeur aux choses : dans le langage courant, prix et valeur sont très souvent confondus, mais a-t-on vraiment raison de les utiliser comme synonymes ? N’y a-t-il pas un intérêt à les dissocier ? Regardons ce que les économistes ont à nous dire sur cette question.

Adam Smith
“Modern economics? Yeah, I did this during a lazzy sunday. Was fun.” © Droits réservés

Intuitivement, lorsque l’on réfléchit à la valeur, l’on est tenté de partir en quête d’une mesure « objective », mesurable, de cette dernière. Les physiocrates, au XVIIIème siècle, ont ainsi proposé que c’était de la terre et de son exploitation que celle-ci découlait. Puis, constatant l’étroitesse de cette définition (quid de l’industrie ?), les premiers économistes modernes, dit « classiques », ont postulé que la valeur des choses venait plutôt de la quantité de travail nécessaire à leur production : c’est ce que l’on nomme la valeur-travail. Adam Smith a été le premier à proposer cette idée, en 1776, et il a ensuite été suivi par des noms aussi illustres que David Ricardo, Thomas Malthus et Karl Marx.

Toutefois, cette quête d’une mesure objective de la valeur se heurte à un paradoxe, le paradoxe de la valeur (#imaginationIsOverrated) : vous voilà en train de randonner en plein cœur de l’Australie quand, tout à coup, votre pied bute sur une sorte de pierre brillante. Intrigué(e), vous vous penchez et vous remarquez que c’est… un diamant. Dont vous êtes désormais l’heureux propriétaire. Combien de travail vous aura-t-il fallu pour « produire » ce diamant ? Zéro ! Puisque vous l’avez trouvé complètement par hasard. D’après la valeur-travail, celui-ci ne devrait donc pas avoir beaucoup de valeur. Cependant, si vous allez toquer à la porte d’un négociant à Anvers, il y a de fortes chances pour que vous repartiez avec une belle liasse de billets dans votre portefeuille… Comment résoudre cette énigme ?

À la fin du XIXème siècle, les économistes dit « néoclassiques » vont proposer une solution, tellement féconde qu’elle est aujourd’hui encore au cœur de la science économique : à la valeur-travail, ils vont préférer la valeur-utilité. Cette dernière nous dit ainsi que les choses n’ont pas de valeur intrinsèque : elles n’en n’ont que parce que nous leur en donnons. Pour le dire avec des mots de chercheur en science économique, ce sont nos préférences qui déterminent la valeur que nous accordons aux choses : si vous adorez Star Wars et que l’amour de votre vie pas trop1, cet univers aura nettement plus de valeur à vos yeux qu’à la sienne – et vous serez vraisemblablement prêt à allouer de nombreuses ressources, que ce soit de l’argent, du temps, de l’énergie, pour profiter de cet univers en vous achetant des figurines, en allant faire la queue le jour de la sortie d’un nouveau film, etc.

La valeur-utilité est donc une mesure subjective de la valeur, et c’est d’ailleurs pour cela qu’elle résout le paradoxe de la valeur : le diamant que vous avez trouvé en Australie a de la valeur non pas parce qu’il vous a fallu beaucoup de travail pour le « produire », mais parce qu’il se trouve qu’une part importante des humains considère que les diamants ont de la valeur – et sont donc prêts à mettre beaucoup d’argent pour en acquérir. À ce propos, l’origine de ces préférences n’entre traditionnellement pas dans le champ d’étude de la science économique. D’autres sciences humaines et sociales, comme la psychologie ou la sociologie, sont nettement mieux armées que la science économique pour étudier cette question ; le chercheur en science économique se contente « seulement » d’observer ces préférences et étudie leurs conséquences – on dit qu’il raisonne à préférences données.

Australie
Les diamants sont éternels. L’Australie, aussi. Unsplash

Comment, enfin, passe-t-on de la valeur au prix avec la valeur-utilité ? Je vais un peu souffler le chaud et le froid : d’un côté, je vais vous répondre que le fascinant mécanisme qui produit cette transformation est le marché, de l’autre, le marché est un concept tellement important en science économique qu’il mérite d’avoir son propre chapitre ?

Disons seulement, pour vous faire un peu patienter, que le marché agrège la totalité des valeurs individuelles pour aboutir à une sorte de « valeur collective » d’un bien ou d’un service : le prix. Ainsi, que ce soit pour un diamant trouvé en Australie, une figurine Star Wars ou toute autre chose, le prix est donc un objet économique nettement plus profond qu’un simple morceau de papier sur lequel on aura griffonné quelques chiffres exposés à la vue de tous.

To be continued…

[accordion] [pane title=”En résumé” start=open]
  • Qu’est-ce qui fait la valeur des choses ?
  • La valeur-travail suppose que la valeur dépend de la quantité de travail nécessaire à sa production.
  • Le paradoxe de la valeur montre cependant les limites de cette hypothèse.
  • La valeur-utilité a remplacé la valeur-travail. Elle suppose que la valeur des choses dépend de nos préférences individuelles, la valeur étant alors vue comme subjective.
  • Le marché agrège les valeurs-utilité individuelles en une valeur « sociale » : le prix.
[/pane][/accordion]
  1. Toute référence à des situations réelles est purement fortuite. ↩︎

Chapitre 4 – L’Individu Rationnel

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C’est entendu : la science économique est une science des choix. De tous les choix ? Non ! Les économistes étudient en priorité les choix rationnels. Peut-être avez-vous déjà entendu parler d’un certain « homo œconomicus » ? Que la réponse soit « oui » ou « non », c’est de lui dont on va commencer à dresser le portrait-robot aujourd’hui.

Chaque jour, nous prenons un nombre considérable de décisions. Les mécanismes de ces choix sont multiples – émotions, calcul, habitudes, il y a de quoi faire. Parce qu’il n’est pas possible de tout étudier, les économistes ont fait le choix de se restreindre à un type de décision bien particulier – les décisions qui font appel à la rationalité, donc. Mais qu’est-ce qu’être rationnel pour un économiste ?

(suite…)

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Olivier Simard-Casanova
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