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Une épidémie d’overdoses ravage les États-Unis

Les États-Unis souffrent actuellement d’une épidémie d’overdoses catastrophique. Les autorités sanitaires ont décidé de réagir.

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Peut-être avez-vous vu passer l’information récemment : pour la deuxième année consécutive, l’espérance de vie aux États-Unis a baissé.

De ce que j’en comprends, les causes de cette baisse ne sont pas claires. Mais ce qui est par contre certain est qu’il y a une épidémie d’overdoses des plus dramatiques, et cette dernière pose un problème majeur de santé publique.

Voyez les cartes du New York Times ci-dessous, qui représentent le nombre de morts par overdose pour 100.000 habitants au niveau de chaque comté entre 1999 et 2015 :

L’explosion est spectaculaire. Mais d’où vient cette épidémie ?

Comme l’illustre l’article partagé du jour (voir bas de page, en anglais), une cause majeure de cette explosion est à chercher du côté d’un recours massif aux antalgiques lourds, et notamment les opioïdes. Les américains sont les plus gros consommateurs d’opioïdes au monde, à un taux cinq fois plus élevé qu’en France par exemple (qui se situe plutôt dans la partie basse du classement).

En d’autres termes, une part importante des personnes qui meurent d’overdose aux États-Unis en meurent du fait d’un traitement contre la douleur.

Comme souvent, les causes de cette explosion de la consommation d’opioïdes sont multiples :

  • les américains déclarent un niveau de douleurs chroniques historiquement élevé
  • les opioïdes sont prescrits pour soigner les douleurs chroniques alors que leur efficacité pour ce type de douleurs n’est pas claire
  • il suffit de 4 à 5 jours de consommation quotidienne pour voir augmenter de manière significative la probabilité de développer une dépendance (et donc une consommation continue)
  • certains laboratoires pharmaceutiques ont poussé à la vente d’opioïdes un peu n’importe comment
  • certains États ont pris des mesures pour réduire les prescriptions d’opioïdes, mais l’héroine n’a jamais été aussi peu chère. Il est donc peu coûteux de remplacer les prescriptions d’opioïdes par cette dernière, ce qui rend ces mesures en partie inefficaces
  • comme souvent aux États-Unis, le recours aux soins n’est pas bon : 11% seulement des personnes diagnostiquées comme ayant des troubles relatifs à l’usage des drogues reçoivent effectivement des soins…

De manière générale, le nombre total de morts dus à cette crise est plus élevé que lors de la pire année du SIDA, en 1995 :

Il faut cependant noter que la population américaine a beaucoup augmenté entre 1995 et 2015. Si l’on prend cet effet en compte1Il suffit de calculer le pourcentage de la population qui s’est éteinte du fait du SIDA en 1995, et d’appliquer ce pourcentage à la population de 2015., le nombre de morts du SIDA en 1995 est en fait proportionnellement identique au nombre de morts par overdose de 2015 (mes calculs sont disponibles à cette adresse) :

Dans tous les cas, il s’agit d’une crise de santé publique majeure, à tel point que Donald Trump a déclaré qu’il s’agissait d’une “urgence de santé publique”. Reste maintenant à trouver une solution.

En plus du lien partagé du jour, cet article de Vox (également en anglais) contient quinze graphiques qui permettent d’approfondir la compréhension de l’ampleur de cette catastrophe sanitaire. Je vous en recommande la lecture.

Revisiting the US Opioid Epidemic | SPH | Boston University

Revisiting the US Opioid Epidemic | SPH | Boston University

Addressing the defining public health challenge of our time.

www.bu.edu/sph/2018/01/19/revisiting-the-us-opioid-epidemic/

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